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Cataracte

Qu’est-ce que la cataracte?

La cataracte est une opacification progressive du cristallin, la lentille située à l’intérieur de l’œil. Elle apparaît avec l’âge et touche plus de la moitié des personnes âgées de plus de 65 ans, et plus des deux tiers de celles de plus de 75 ans, indépendamment du sexe. Très fréquente, la cataracte est la première cause de chirurgie en France avec environ 450 000 interventions chaque année. Lorsqu’elle n’est pas traitée, la cataracte s’aggrave progressivement. Le cristallin devient de plus en plus opaque et la personne finit par perdre complètement la vue.

La cataracte est appelée ainsi car il était dit que ses symptômes évoquaient la vision que l’on peut avoir en regardant à travers une cascade. La cataracte étant une maladie qui évolue progressivement, ses symptômes apparaissent petit à petit.

Quels sont les symptômes de la cataracte?

La cataracte se caractérise par une perte progressive de la vision qui, le plus souvent, affecte d’abord la vision de loin. Cette opacification de la lentille située à l’intérieur de l’œil met en général plusieurs années à s’avérer gênante : la personne devient légèrement myope et les couleurs apparaissent plus ternes. Petit à petit, la vision se voile et la personne devient plus sensible à la lumière : les personnes chez qui la cataracte devient symptomatique se plaignent souvent d’être facilement éblouies par la lumière des phares en conduisant la nuit.

Parfois, la personne se plaint de « voir double » d’un œil.

Dans certains cas rares, l’apparition des symptômes de cataracte peut être plus rapide (quelques mois).

Quelles sont les complications de la cataracte?

Lorsqu’elle n’est pas traitée, la cataracte s’aggrave progressivement. Le cristallin devient de plus en plus opaque et la personne finit par perdre complètement la vue.

De plus, dans certains cas, la cataracte provoque une augmentation du volume du cristallin qui peut entraîner l’apparition d’un glaucome aigu.

Parfois, il arrive que des protéines du cristallin s’échappent dans la chambre antérieure de l’œil : ces protéines peuvent obstruer le trabéculum et provoquer un glaucome chronique, ou être à l’origine d’une réaction immunitaire qui va déclencher une inflammation des structures internes de l’œil (uvéite).

Comment diagnostique-t-on la cataracte?

Lorsqu’il suspecte la présence d’une cataracte, l’ophtalmologiste pratique un examen du cristallin après avoir dilaté la pupille du patient.

Il recherche une opacité qui peut se situer:

  1. au niveau du centre du cristallin (noyau) : elle entraîne une perte de la vision de loin;
  2. au niveau de la partie postérieure du cristallin (sous-capsule postérieure): c’est souvent le cas chez les personnes diabétiques ou traitées au long cours avec des corticostéroïdes;
  3. au niveau de la périphérie du cristallin (cortex);
  4. au niveau de la totalité du cristallin.

Dans la plupart des cas, le patient présente une association de plusieurs de ces formes de cataracte.

Ensuite, l’ophtalmologiste vérifie la tension à l’intérieur de l’œil (recherche de signes de glaucome) et l’état de la rétine. Si le cristallin est trop opaque pour voir clairement la rétine, il peut s’aider d’une échographie ou d’un examen de l’activité électrique de la rétine. Cette recherche systématique de glaucome et de DMLA est essentielle avant de traiter la cataracte chirurgicalement.

Quels sont les traitements de la cataracte?

Le traitement de référence de la cataracte est la chirurgie, qui consiste à enlever le noyau du cristallin opacifié et à le remplacer par un cristallin artificiel, l’implant intra-oculaire. L’opération de la cataracte est systématiquement proposée au patient lorsque la perte de vision interfère avec sa vie quotidienne, indépendamment de la sévérité de l’opacification. L’opération de la cataracte se déroule sous anesthésie locale, ce qui la rend possible même chez les personnes très âgées. Les deux yeux ne sont jamais opérés en même temps.

Quand doit-on opérer une cataracte?

Une cataracte modérée chez une personne très active justifie une intervention chirurgicale au même titre qu’une cataracte plus sévère chez une personne sédentaire.

Si la cataracte est peu gênante au quotidien, certaines mesures peuvent permettre de retarder la chirurgie : verres antireflet, lentilles de contact adaptées, modification de l’éclairage du domicile ou du lieu de travail. Néanmoins, l’intervention chirurgicale est de plus en plus souvent proposée car elle apporte un réel bénéfice pour un risque minime.

Chez les enfants atteints de cataracte congénitale, la chirurgie est envisageable à partir de l’âge d’un an.

Comment se passe l’opération de la cataracte?

L’opération de la cataracte se fait le plus souvent dans la journée.

Parfois, le patient reste à l’hôpital la nuit qui suit l’intervention. L’opération de la cataracte se déroule sous anesthésie locale, ce qui la rend possible même chez les personnes très âgées. Les deux yeux ne sont jamais opérés en même temps. En moyenne, ce type d’intervention dure 15 à 30 minutes.

Avant l’opération, le praticien a effectué des mesures du globe oculaire (par échographie) et calculé la puissance de l’implant : en effet, l’implant est choisi selon la morphologie de l’œil du patient et selon ses besoins en termes de correction visuelle. L’implant permettra non seulement de remplacer le cristallin mais également de corriger, partiellement ou complètement, une myopie, une hypermétropie, une presbytie ou un astigmatisme.

Une fois l’œil désinfecté et anesthésié, l’ophtalmologiste pratique une petite incision dans la cornée. Ensuite, à l’aide d’une sonde à ultrasons, il déstructure le noyau du cristallin sans endommager la capsule qui le sépare de la partie postérieure de l’œil (c’est la « phako-émulsification » ou phaco-émulsification). Le noyau du cristallin est ensuite retiré pour être remplacé par un implant souple. Celui-ci est inséré plié, puis déplié là où se trouvait le cristallin. Il existe différents types d’implants (voir encadré). Une fois l’implant bien positionné, l’injection d’un antibiotique (comme la céfuroxime, une céphalosporine) dans la chambre antérieure de l’œil (voie intra-camérulaire) est recommandée afin de prévenir le risque d’infection intra-oculaire (endophtalmie). La cornée est ensuite éventuellement suturée.

Existe-t-il différents types d’implants intra-oculaires ?

Il existe de nombreux types d’implants intra-oculaires. Aujourd’hui, les implants dits souples ont remplacé les implants rigides des débuts de l’opération de la cataracte, implants qui nécessitaient de plus larges incisions de la cornée. Néanmoins, ces implants souples ne permettent pas l’accommodation de la vision comme peut le faire le cristallin naturel. Ils permettent soit une vision de loin, soit une vision de près. Le port de lunettes reste donc nécessaire après l’opération pour compenser cette limite, surtout lorsque l’implant choisi permet plutôt une vision nette de loin.

Récemment, des implants dits multifocaux ont été développés, qui permettent une vision de près et de loin sans lunettes, mais s’accompagnent parfois de phénomènes lumineux (halo, reflets, etc.). Dans le domaine des implants, la recherche continue et de nouveaux progrès techniques sont à prévoir. Dans le futur, certains implants pourraient même accommoder à la manière du cristallin naturel.

Quelles sont les suites de l’opération de la cataracte?

Après l’opération de la cataracte, l’œil opéré est indolore, et la vision s’améliore rapidement. Toutefois, le patient est invité à modérer ses activités pendant quelques jours (dans le cas de patients très actifs). Des visites de contrôle ont lieu régulièrement. La cicatrisation totale a habituellement lieu en huit semaines. Parfois, après une cataracte très sévère, le patient met quelque temps à s’habituer à l’intensité des couleurs retrouvée. Une fois la vision stabilisée, une prescription de lunettes ou de lentilles de contact adaptées est faite.

Le médecin prescrit un traitement anti-inflammatoire et antibiotique sous forme de collyres, à suivre pendant quelques semaines. Il existe des collyres spécifiquement indiqués dans la prévention des complications post-opératoires de la cataracte. Ils sont listés ci-dessous. Le médecin peut prescrire d’autres collyres, notamment pour prévenir les risques d’infections oculaires. Si plusieurs collyres doivent être instillés au même moment, respectez un intervalle de quelques minutes entre les instillations (2 minutes suffisent habituellement, sauf mention contraire de votre médecin).